Babelio et Marguerite Duras.
Par Sylvie Niel le samedi 24 janvier 2009, 12:00:00 - Livre - Lien permanent
La Musica Deuxième
de Marguerite Duras, dit par Fanny Ardant et Sami Frey. ''Editions Des Femmes, La Bibliothèque
des Voix.''
La critique de ce CD est
faîte dans le cadre de l'Opération Masse Critique de Babélio.
Quand deux voix magnifiques reconnaissables entre toutes, Fanny Ardant et
Sami Frey, lisent un beau texte "La Musica Deuxième" de Marguerite Duras, cela
donne un vrai grand moment de plaisir.
Et pourtant c'est l'histoire d'une déchirure, d'un amour passionnel qui s'est
transformé en haine, fait d'instants ponctués de bonheur et de blessures
irréparables qui les conduiront vers une rupture inévitable.
Ces êtres là, à l'évidence, s'aiment encore. Après trois ans de séparation et
le soir de leur divorce, ils se retrouvent sur les lieux de leur amour pour
tenter de comprendre l'échec de leur mariage. Dans un premier temps la
conversation est presque banale, et peu à peu la parole se libère, se fait plus
dense et chacun tente de décortiquer son histoire, d'expliquer ce qui a fait
qu'il en est arrivé là.
Sans violence et avec les mots justes et simples de Marguerite Duras, le couple
avoue les tromperies mutuelles, les malentendus, les petites bassesses, les
envies même les plus tragiques, et aussi le besoin de se reconstruire ailleurs
pour elle, loin de lui " Je veux être tranquille, partir loin..." ,
pour lui, tout près d'elle "Ne pars pas ... j'irai où vous
serez."
Dans cette relation il est souvent question de désespoir, de révolte, de fuite
et de douleur, mais aussi de nostalgie, de tendresse et d'amour avoué pour
toujours.
C'est la première fois que " j'écoutais " un livre, j'ai passé 69 minutes de
grande qualité, ponctués de courts instants de musique de Beethoven jouée par
Pablo Casals et Rudolph Serkin ( Sonate pour violoncelle et piano n° 2 opus 5 )
et de Duke Ellington ( Black and Blue ). Une expérience que je vous conseille
vivement et que je renouvellerai.
Deux phrases du texte où il est question de couleurs...
Elle : " Je me souviens de cette lumière de cinéma jaune, et tout le
reste dans l'ombre."
Lui : " Vous aviez cette robe grise, celle des femmes
honnêtes."
