Photo©Sylvie Niel Ce beau mur gris en pierres sèches a été photographié en Bourgogne dans la région du Châtillonnais.

Photo©Sylvie Niel

Et à propos de murs… pas ceux à peindre, ni ceux en pierres sèches, mais ceux, indécents, qui subsistent sur tous les continents.

4.jpg Contre les murs de Frédéric Niel, Editions Bayard - 2011

Petite précision : l’auteur du bouquin dont je vais parler est mon cousin. Aucune publicité, c’est juste un livre que j’ai lu, qui m’a plu et que je recommande. C’est dit !
Donc, petit résumé. L’auteur de cet ouvrage très documenté, le journaliste Frédéric Niel avec la participation des chercheurs de l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques), fait le point des murs de la honte encore érigés sur notre planète, et analyse clairement leurs justifications officielles ou cachées, et les enjeux ou réponses qu’ils sont censés apportés.
Alors que l’on vient de célébrer les cinquante ans de la construction du mur de Berlin, il interroge : « Pourquoi les murs de séparation s’étendent-ils toujours à la surface de la planète, censée pourtant connaître une phase de « mondialisation » et d’ouverture sans précédent ? Une occasion, aussi, de passer en revue les conditions à réunir pour espérer voir tomber ces autres « murs de Berlin » - à la frontière américano-mexicaine ou en Corée, en passant par Israël ou le Cachemire – qui enferment les hommes en prétendant les protéger. »
Sans dresser une typologie précise de ces murs, l’auteur distingue, en simplifiant, deux grandes familles de murs : « Ceux à motivation militaire ou sécuritaire (Corée, Cachemire, Chypre, Sahara occidental, Israël) et ceux conçus pour le contrôle migratoire (US, Ceuta et Melilla, Bangladesh, mais aussi le mur de Berlin lui-même en 1961). Leurs bâtisseurs s’en disent satisfaits et louent leur efficacité. Peut-être parce que, lorsqu’on a les yeux fixés sur un mur, on a forcément la vue courte… »
Le ton est donné. Outre l’analyse fine des huit principaux murs de la honte de notre planète, Frédéric Niel ponctue ses analyses d’apartés parfois surprenants comme cette zone démilitarisée de 4 km de large sur 250 km de long qui sépare les deux Corée, qui a permis à la flore et la faune menacées de la péninsule, de survivre et proliférer tranquillement. Et Frédéric de conclure :
(…) Paradoxalement, ce mur qui sépare les frères ennemis préserve une partie de leur héritage naturel commun… »
Ce livre de 205 pages, en partie illustré, se lit comme un roman.
Contre les murs de Frédéric Niel, Editions Bayard. Dans toutes les bonnes librairies en ligne ou pas.
Petite bio : Frédéric Niel est journaliste. Après onze ans passés chez Reuters, il travaille dans différents quotidiens et magazines en France et à l’étranger. Il a publié plusieurs livres, dont un en 2009 en collaboration avec Rony Brauman.
Lire aussi un article dans le journal Le Monde et voir la vidéo de l’entretien de Frédéric avec Audrey Pulvar sur France Inter.